Gravir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle. Probablement issu du francique *krawjan, « s'aider de ses griffes ».
1. V. intr. Vieilli. S'élever avec peine sur une pente escarpée, en s'aidant des mains au besoin. Gravir sur une montagne, jusqu'au sommet d'une montagne. Gravir au haut d'une muraille.
2. V. tr. Monter peu à peu, parfois avec effort. Gravir une pente, une côte. Nous avons gravi le flanc de la montagne, gravi la montagne. Gravir des étages. Fig. Gravir les degrés, les échelons d'une hiérarchie.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Monter avec effort. "Gravir une pente escarpée. Gravir une côte." Fig., "Il a rapidement gravi les grades inférieurs."
Il est quelquefois intransitif. "Nous gravîmes jusqu'au sommet de la colline."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Monter avec effort à quelque endroit escarpé en s'aidant des pieds et des mains. Gravir au haut d'une muraille.
FONTEN.: « La botanique veut que l'on coure les montagnes et les forêts, que l'on gravisse contre des rochers escarpés, que l'on s'expose aux bords des précipices »
    Activement. Gravir une muraille, un retranchement.

 2   Il se dit simplement au sens de monter avec effort une pente roide. Gravir jusqu'au sommet de la colline.
SÉGUR: « Une pente de verglas y entraînait les voitures, elles s'y enfonçaient : pour les en retirer, il fallait contre la rampe opposée, sur un chemin de glace, où les pieds des chevaux couverts d'un fer usé et poli ne pouvaient pas mordre »
LAMART.: « Un seul passage encore à la fuite est ouvert : Leurs enfants dans les bras, les mères y gravissent »
    Activement.
M. J. CHÉN.: « Là [ils] gravissent les monts et les rochers arides.... »

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
J. DE MEUNG: « Luxure n'est de riens endormie ne crampe ; Partout queurt [court], partout monte, partout gravist et rampe »
     la Rose, 1384: Ou [au] vergier ot daims et chevrions, Et moult grant plenté d'escoirions [écureuils], Qui par ces arbres gravissoient
    XVIème siècle
AMYOT: « Il y a des rochers fort aspres à monter, au long desquelz toutefois il gravit tant, que.... »
AMYOT: « Hommes legers et dispos, accoustumez de aux montagnes »
RONS.: « Deux petits ramereaux je porte à mon Olive, Denichez d'un grand orme à mal-aisé »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguign. graivi ; Berry, graver (Il gravoit as arbres comme ung chat, RAB., Garg. I, 23). Origine incertaine. Diez pense qu'il vient d'une forme gradire, qui est italienne et qui dérive du latin gradus, pas : gra-ir, d'où par l'intercalation d'un v, comme dans povoir de l'ancien pooir. Mais à côté de est la forme de graver qui ne se prête pas bien à une telle explication.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE GRAVIR. Ajoutez :

 3   Gravir sur, faire l'ascension de.
CORN.: « On gravit sur les monts, on s'abandonne aux flots »


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Grimper, monter avec effort à quelque endroit roide et escarpé, en s'aidant des pieds et des mains. "Gravir contre un rocher, sur des rochers. Gravir au haut d'une muraille."
Il se prend aussi activement. "Gravir une muraille, un retranchement."
Il ne signifie souvent que Monter avec effort. "Nous gravîmes jusqu'au sommet de la colline. Gravir une côte. Gravir une pente escarpée, un sentier."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Grimper, monter avec effort à quelque endroit roide et escarpé, en s'aidant des pieds et des mains. "Gravir contre un rocher, sur des rochers. Gravir une montagne, un retranchement. " Dans cet exemple il est pris activement. "Gravir au haut d'une muraille. "



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Grimper, monter avec effort à quelque endroit roide & escarpé, en s'aidant des pieds & des mains. "Gravir contre un rocher. Gravir au haut d'une muraille."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

Grimper, monter avec peine à quelque endroit roide et escarpé.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Grimper, monter avec peine à quelque endroit fort roide, & fort escarpé, en s'aidant des pieds & des mains. "Gravir contre. un rocher. au haut d'une muraille".




Emplacement dans le dictionnaire :

graves
graveur
graveure
gravide
gravideviation
gravier
gravière
gravillon
gravinchon

gravisset
gravitation
gravitationnel
gravité
graviter
gravoir
gravure
gré
grèbe
grec
grécisant




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Gaston LEROUX (Rouletabille chez le tsar)

...ferme, et qui avait marché à la mort sans trembler, rassurant le prêtre et le procureur, prêts à se trouver mal à ses côtés. Ne serait-il donc pas aussi brave que ce lâche enfant-là ? ... on lui fit gravir quelques marches et il sentit qu'il pénétrait dans l'atmosphère étouffante d'une salle close. On lui enleva son bandeau. Il était dans une pièce d'aspect sinistre où se tenait une assez nombreuse...


Citation n°2 de Émile ZOLA (La Débâcle)

...finir tout de suite. Et il était à ce point devenu un simple flot de ce torrent en marche, qu'un brusque recul s'étant produit, à l'extrémité de la tranchée, devant les terrains nus qu'il restait à gravir, il avait aussitôt senti la panique le gagner, prêt à prendre la fuite. C'était, en lui, l'instinct débridé, une révolte des muscles, obéissant aux souffles épars. Des hommes déjà retournaient en...


Citation n°3 de CHAMPFLEURY (Les Bourgeois de Molinchart)

...et les entraînait dans des courses lointaines et accidentées ; car il accomplissait sa mission avec un rare dévouement. Aussitôt qu'il se trouvait dans une vallée, il avait hâte de la quitter pour gravir une montagne ; à peine arrivé au haut de la montagne, tout couvert de sueur, il la descendait précipitamment, afin de saisir plus vivement la différence qui existait entre la température des lieux...


Citation n°4 de CHAMPFLEURY (Les Bourgeois de Molinchart)

...été longue et l'avoué se reposait sur le gazon, lorsqu'il aperçut un petit homme vêtu de noir, cravaté de blanc et porteur d'un immense parapluie fermé, dont il se servait comme d'une pique pour gravir la montagne. Sous ces habits noirs, larges, on pressentait un savant, et sans avoir de vastes connaissances physiognomoniques, l'avoué flaira quelque être extraordinaire. Le petit homme s'arrêtait...


Citation n°5 de Théodore de BANVILLE (Les Cariatides)

...sens lui disaient que ce n'est pas assez de la communion des regards embrassés. Souvent il s'en alla dans les bruyères sombres, la nuit, s'asseoir tout seul au milieu des décombres ; il s'en alla gravir le pied fangeux des monts, où les rocs dentelés semblent de noirs démons : la lune aux yeux d'argent frissonnait. La rosée pleurait de chastes pleurs sur sa bouche arrosée ; tout semblait un joyau...


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